Mon travail : développer des outils pour faciliter la vie des personnes handicapées

Je suis ingénieur d’études en informatique au CNRS, au laboratoire LAMIH, à Valenciennes. Mes travaux portent notamment sur la communication et l’accès aux outils informatiques pour les personnes handicapées.

Ce qui me motive, c’est de créer des solutions utiles dans la vie quotidienne. Pouvoir exprimer une idée, écrire un message ou utiliser une application représente une possibilité concrète d’agir et de faire ses propres choix.

Mon expérience du handicap nourrit mes réflexions. Elle complète mes compétences en informatique et les échanges avec les personnes avec lesquelles je travaille.

ComMob : faciliter la communication

ComMob est un projet important dans mon parcours. J’y ai travaillé pendant mon doctorat pour proposer des outils de communication accessibles, notamment avec un joystick.

L’application comprend un clavier virtuel, des pictogrammes, de grands boutons et une fonction d’alerte. Ces éléments répondent à différents besoins : écrire, exprimer un message avec des images ou appeler à l’aide.

Derrière chaque fonction, il y a des questions très concrètes. Comment sélectionner un bouton lorsqu’on a des mouvements involontaires ? Comment limiter les manipulations ? Comment permettre à une personne de communiquer avec moins d’effort ?

Concevoir une interface accessible demande de réfléchir à son utilisation réelle, jusque dans les détails.

ComMob Web : poursuivre et faire évoluer le projet

Avec ComMob Web, je poursuis ce travail dans une version utilisable depuis un navigateur. Elle intègre notamment des pictogrammes ARASAAC et des modules de communication et de mobilité.

J’ai récemment mis cette version en ligne pour permettre des essais et recueillir les problèmes rencontrés. C’est une étape importante : les retours d’utilisation permettent de repérer ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré.

Le développement demande de la programmation, mais aussi des corrections, des tests et une attention constante aux besoins des utilisateurs.

Explorer la commande par le regard

Je participe également à des travaux sur le suivi du regard, aussi appelé eye-tracking. L’objectif est d’étudier comment une personne peut utiliser une tablette ou sélectionner des éléments à l’écran avec ses yeux.

Nous prévoyons notamment de comparer l’utilisation de ComMob Web avec un joystick et avec le regard. Je m’intéresse aussi aux claviers adaptés à ces modes d’accès.

Il faut comprendre ce qui convient à chaque personne : la précision, la fatigue, la facilité de sélection et le temps nécessaire pour écrire. Une méthode peut être adaptée à un utilisateur et moins à un autre.

Un projet de postdoctorat de treize mois permettra d’approfondir ces recherches autour d’une tablette avec suivi du regard et de son intégration à des systèmes d’assistance.

Mesurer pour améliorer les outils de saisie

Je travaille aussi sur des outils permettant de comparer différentes méthodes de saisie.

La vitesse d’écriture compte, mais elle ne suffit pas à évaluer un clavier. Il faut également observer les erreurs, la précision, le nombre de sélections et les déplacements nécessaires.

Ces mesures aident à comprendre les difficultés d’utilisation et à guider les améliorations. Le but est de proposer des outils avec lesquels une personne puisse écrire plus facilement, selon ses capacités.

Mieux représenter les besoins des personnes

Une autre partie de mes travaux concerne la modélisation des utilisateurs et de leur contexte, notamment autour de la paralysie cérébrale.

Je participe à la construction d’une ontologie : une manière de structurer les connaissances et les relations entre les besoins, les capacités et les situations d’utilisation.

Ce travail vise à mieux décrire la diversité des personnes et de leurs besoins. Deux personnes ayant le même diagnostic peuvent utiliser des moyens d’accès différents et avoir des attentes différentes.

Cette diversité doit être prise en compte dans la conception des systèmes d’assistance.

Une recherche menée avec d’autres

Mes activités comprennent aussi la rédaction d’articles scientifiques, les réunions de recherche et la participation à l’encadrement d’un doctorant.

J’échange avec des collègues, je discute des choix de conception et je contribue à faire avancer les projets. Le travail collectif permet de croiser les compétences et de questionner nos idées.

Mon vécu peut aider à identifier des difficultés qui passent parfois inaperçues. Les échanges, les études et les tests permettent ensuite d’aller au-delà de ma seule expérience.

Des compétences au service d’un objectif concret

Mon parcours jusqu’au doctorat, puis mon poste au CNRS, m’ont permis de développer des compétences en programmation, en conception d’interfaces et en recherche.

Aujourd’hui, je les utilise pour travailler sur des questions qui me tiennent à cœur : comment faciliter la communication, réduire les efforts nécessaires pour utiliser un outil et mieux prendre en compte les capacités de chacun ?

Mes difficultés à parler ne m’empêchent pas d’avoir des idées ni de contribuer à ces travaux. J’ai besoin de temps et d’un accompagnement adapté pour certaines activités, et j’apporte mes compétences aux projets.

Ce que je souhaite, c’est que nos recherches débouchent sur des outils utiles, que les personnes puissent réellement utiliser dans leur quotidien.

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