L’intelligence artificielle m’aide au quotidien… mais elle ne me sert toujours pas l’apéro
Avec mon handicap, écrire un message ou faire plusieurs manipulations sur l’ordinateur demande parfois du temps et des efforts. Alors, quand un outil peut me simplifier la vie, je m’y intéresse.
L’intelligence artificielle fait maintenant partie de ces outils. Je lui demande de corriger mes textes, de m’aider à programmer ou de mettre de l’ordre dans mes idées.
Pour le moment, elle ne peut toujours pas me servir l’apéro. Il reste donc une marge de progression importante.
Mes idées, avec moins de fautes
J’aime écrire, mais mes doigts ne suivent pas toujours aussi facilement que mes pensées. Entre les fautes de frappe et les mots mal écrits, certains messages ressemblent à une enquête.
L’IA m’aide à les corriger et à rendre mes phrases plus claires. Je peux écrire mes idées comme elles viennent, puis lui demander de les mettre en forme.
Mais je tiens à garder ma façon de parler. Quand je veux envoyer un petit message, je n’ai pas besoin qu’il se transforme en discours d’inauguration.
« Merci pour les informations » me convient très bien. Pas besoin de remercier également les générations précédentes pour leur contribution à cet échange.
Un coup de main pour mes articles
Pour ce blog, je lui donne mes sujets, mes souvenirs et mes anecdotes. Elle m’aide à les organiser et à préparer un texte que je peux ensuite relire et modifier.
Elle peut proposer une phrase. Mais l’histoire de la friterie et du fauteuil qui change les chaînes, c’est bien la mienne. Pour inventer certaines situations, il faut avoir vécu avec nous.
Je la reprends aussi quand elle se trompe. Par exemple, pour mon séjour au Puy du Fou, c’est l’association Égalité des chances qui avait organisé le voyage. Moi, j’avais seulement trouvé mon matériel dans une pharmacie.
L’IA avait un peu vite fait de me promouvoir organisateur de séjour. J’apprécie la confiance, mais je préfère qu’on me demande avant de m’attribuer un nouveau poste.
Moins de manipulations, plus d’autonomie
Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est de réduire les gestes répétitifs.
Avec mes mouvements involontaires, cliquer, sélectionner du texte, copier et coller peuvent demander des efforts. Une étape en moins peut donc avoir une vraie utilité.
Je cherche notamment à simplifier la correction de mes messages et l’utilisation de mes outils. J’ai travaillé avec l’IA sur des extensions Firefox pour gagner du temps.
Tout ne fonctionne pas du premier coup. Il y a parfois un bouton grisé, un texte incomplet ou une fonction qui refuse de démarrer.
À ce moment-là, je lui explique le problème. Puis je recommence. Notre relation repose donc aussi sur une phrase très importante : « Ça ne marche toujours pas. »
Au travail, elle m’aide à avancer
Je suis ingénieur d’études en informatique. L’IA peut m’aider à réfléchir à du code, comprendre une erreur ou chercher une manière de simplifier une fonction.
Je l’utilise aussi pour discuter de documents et préparer des remarques.
Elle propose des pistes, mais je dois vérifier ce qu’elle produit. Une réponse peut sembler très convaincante et contenir une erreur. En informatique, le programme finit généralement par donner son avis, avec un message rouge.
L’IA peut écrire dix paragraphes pour expliquer que tout devrait fonctionner. Le serveur, lui, répond simplement : « Erreur. » Il a le sens de la synthèse.
Elle m’aide aussi à organiser mes envies
Je peux lui demander de préparer un message, de chercher des idées de sorties ou de m’aider à organiser des informations.
Cela me permet de consacrer moins de temps à certaines recherches et davantage à ce que je veux faire.
Mais je garde mes choix. Si elle me propose une sortie que j’ai déjà faite ou quelque chose qui ne me plaît pas, je le lui dis. Elle a beaucoup d’idées, mais elle n’habite pas dans ma tête.
Vu le nombre de projets qui y passent parfois, il faudrait d’ailleurs prévoir une grande capacité de stockage.
Un outil qui doit s’adapter à moi
Ce que j’attends de l’IA, c’est une aide concrète : écrire plus facilement, limiter les manipulations et avancer dans mes projets.
Je lui demande aussi de respecter mes préférences. Un ton simple, des phrases naturelles et pas de points d’exclamation partout. Je veux envoyer un message cordial, pas annoncer que j’ai gagné une voiture.
Elle ne connaît pas toujours mes besoins du premier coup. Je les précise, je corrige et nous ajustons.
Et pour l’apéro ?
L’intelligence artificielle m’apporte déjà une aide utile. Elle ne fait pas tout, elle se trompe parfois et elle demande de la vérification. Mais elle me permet de réaliser certaines choses avec moins d’efforts.
Pour une personne qui a des difficultés motrices et de parole, cela compte.
Je garde mes idées, mon humour et mes décisions. Elle m’aide à leur donner une forme ou à trouver comment les mettre en pratique.
Maintenant, si quelqu’un pouvait lui ajouter un bras pour apporter un whisky, nous commencerions à avoir un outil vraiment complet.

