Vivre avec ma bipolarité : des périodes difficiles à un meilleur équilibre
Je vis avec la bipolarité depuis des années. Mon handicap physique se voit, mais ce qui se passe dans ma tête est moins visible. Pourtant, cela prend aussi une place importante dans mon quotidien.
Je veux raconter mon expérience, avec mes mots. Chaque personne vit les choses différemment. Voici comment cela s’est passé pour moi.
Des émotions difficiles à gérer
J’ai traversé des périodes où je ressentais les hauts et les bas plus fortement. Dans certains moments que j’appelais mes « moments hauts », je me sentais très énervé. Une mauvaise nouvelle ou un changement brutal pouvait provoquer chez moi une émotion très forte.
Il m’est arrivé de prendre des décisions trop rapidement. Ce sont des situations difficiles, pour moi comme pour les personnes autour de moi.
J’ai aussi connu des périodes avec des pensées noires et beaucoup d’angoisse. Parfois, je me mettais énormément de pression. Certaines inquiétudes occupaient toute ma tête et je n’arrivais plus à prendre du recul.
Le besoin d’être écouté
Trouver un professionnel avec qui je me sente compris n’a pas été simple.
Lors de certains rendez-vous, j’ai eu le sentiment de ne pas être écouté. J’ai même eu l’impression que mon handicap physique empêchait le professionnel de reconnaître mes capacités, mon parcours et mon travail. C’était frustrant : j’essayais d’expliquer ce que je ressentais, mais je ne me sentais pas entendu.
Puis j’ai rencontré un autre psychiatre. Il a pris le temps de comprendre ma situation et il a ajusté mon traitement.
En mars 2026, j’écrivais à ma psychologue que je me sentais beaucoup mieux. J’étais moins stressé, je n’avais plus d’idées noires et je me sentais plus léger. Je voyais la vie autrement.
En avril, je lui expliquais que cette amélioration continuait : je me sentais détendu et je n’avais plus de crises d’angoisse. J’avais également revu le psychiatre avec les résultats de ma prise de sang pour faire le point sur mon traitement.
Apprendre à moins me mettre sous pression
Le traitement a été une étape importante. Mais j’ai aussi compris que je portais beaucoup d’inquiétudes au quotidien, notamment pour ma compagne.
Je lui répétais souvent les mêmes choses à cause de sa rupture d’un anévrisme et cela me fatiguait énormément. En discutant avec mes parents, j’ai compris que je ne devais pas tout prendre en charge et que les intervenantes avaient aussi leur rôle.
J’ai commencé à moins répéter et à prendre du recul. Je me suis alors rendu compte que ma compagne était plus autonome que je le pensais. Cela m’a aidé à relâcher une partie de la pression.
Plus récemment, j’ai changé d’association d’aide à domicile. Ce changement a lui aussi marqué un tournant dans ma vie.
Retrouver des satisfactions au quotidien
J’ai également trouvé une manière de me sentir mieux dans mon travail : me donner un objectif chaque jour. Quand je le termine, je suis content de ce que j’ai accompli.
Il y a aussi les sorties et les nouvelles expériences. J’ai notamment essayé la joëlette, une activité qui m’a beaucoup plu. Ces moments ont leur place dans ma vie, à côté des soins et des difficultés.
Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux. Je peux parler de ce que j’ai traversé tout en reconnaissant les progrès réalisés.
Ma bipolarité fait partie de ma vie. Et dans cette vie, il y a aussi mon travail, ma compagne, ma famille, mes envies et les bons moments que je partage avec eux.
