Mes angoisses : la peur de l’avenir et de dépendre des autres
Il y a des peurs dont on ne parle pas facilement. Aujourd’hui, j’ai envie de mettre des mots sur les miennes : la peur de vivre un jour sans mes parents, celle d’accueillir une nouvelle intervenante et celle de devenir une charge pour mes frères.
Ces inquiétudes ont un point commun : j’ai besoin d’aide au quotidien. Alors, quand je pense à l’avenir ou que mon accompagnement change, beaucoup de questions me viennent.
La peur de vivre sans mes parents
Mes parents ont une place très importante dans ma vie. Ils sont présents, ils connaissent mes besoins et ils m’aident quand une situation devient compliquée.
Penser qu’un jour ils ne seront plus là me fait peur. Il y a la peur de leur absence, parce que ce sont mes parents et que je les aime. Et il y a aussi cette question : comment ma vie s’organisera-t-elle sans eux ?
Qui connaîtra aussi bien mes habitudes ? Sur qui pourrai-je compter quand il y aura un problème ?
Je n’ai pas toutes les réponses. C’est justement cette incertitude qui m’angoisse. J’aimerais pouvoir penser à l’avenir plus sereinement, tout en profitant de leur présence aujourd’hui.
Quand une nouvelle intervenante arrive
Accueillir une nouvelle intervenante chez moi me fait également peur.
Pour elle, c’est la découverte d’une personne et de ses besoins. Pour moi, c’est faire entrer quelqu’un dans mon quotidien et mon intimité. Cette personne va m’aider pour des gestes essentiels : ce n’est donc pas une rencontre anodine.
Mes difficultés à parler peuvent aussi compliquer les premiers échanges. J’ai besoin de temps pour expliquer les choses et être compris.
C’est pour cela que je souhaite être prévenu à l’avance et qu’une nouvelle intervenante puisse découvrir mes besoins avec quelqu’un qui me connaît déjà. Cela m’aide à aborder la rencontre avec moins d’inquiétude.
La confiance se construit progressivement, à travers l’écoute, les gestes et le respect de mes habitudes.
La peur d’être une charge pour mes frères
Quand je pense à l’avenir, je pense aussi à mes frères. J’ai peur que mes besoins prennent trop de place dans leur vie.
Ils ont leur propre vie, leurs projets et leurs responsabilités. Je ne voudrais pas qu’ils se sentent obligés de tout prendre en charge pour moi.
Cette peur ne veut pas dire qu’ils me considèrent comme une charge. C’est mon inquiétude, et je ne veux pas parler à leur place.
J’aimerais pouvoir compter sur mes frères tout en gardant notre relation de frères : partager des moments, discuter, rire et être ensemble. Je souhaite que l’aide professionnelle puisse prendre sa place, pour que toute l’organisation ne repose pas sur ma famille.
Pouvoir en parler
Je n’écris pas ces mots parce que j’ai trouvé une solution à toutes mes angoisses. Je les écris parce qu’elles existent et qu’elles font partie de ma vie.
Avoir besoin d’aide rend certaines questions sur l’avenir très concrètes. Mais derrière cette organisation, il y a aussi des émotions : l’amour pour mes parents, l’envie de préserver mes liens avec mes frères et le besoin de me sentir en confiance chez moi.
Ce que je souhaite, c’est pouvoir continuer à vivre ma vie, faire mes choix et partager de bons moments avec les personnes que j’aime, avec un accompagnement sur lequel je puisse compter.
