Ma compagne et son handicap : notre quotidien à deux

Ma compagne s’appelle Alexandra. Nous partageons notre vie, avec nos habitudes, nos bons moments et nos difficultés. Nous avons chacun un handicap, avec des besoins différents.

Mon handicap physique se voit immédiatement. Celui d’Alexandra est parfois moins évident pour les personnes qui la rencontrent. Pourtant, il a des conséquences importantes dans son quotidien et dans notre vie à deux.

Une vie bouleversée par un accident

Alexandra a eu une rupture d’anévrisme. Cet accident a bouleversé sa vie et celle de ses proches.

Elle garde notamment des difficultés de mémoire. Certaines choses peuvent être oubliées, même lorsque nous en avons parlé peu de temps auparavant. Cela complique parfois l’organisation du quotidien et nous amène à revenir plusieurs fois sur le même sujet.

Ce n’est pas toujours facile. Il faut tenir compte de ses difficultés, tout en reconnaissant ses capacités et en respectant ses envies.

Des progrès au fil du temps

Depuis son accident, Alexandra a fait des progrès. Elle a quitté la maison d’accueil spécialisée et elle peut aujourd’hui préparer certains repas seule.

Son évolution a été plus rapide pendant les premières années, puis les progrès ont été plus lents. Elle continue néanmoins à avancer.

Quand on partage le quotidien d’une personne, on ne remarque pas toujours tous ses progrès. On garde parfois en tête les difficultés d’avant, alors que certaines choses sont devenues possibles.

Je l’ai vécu moi aussi. À force de m’inquiéter pour elle, je ne voyais pas toujours toute l’autonomie qu’elle avait retrouvée.

Elle est mes bras, je suis sa mémoire

C’est une phrase qui résume bien notre entraide : elle est mes bras, et je suis sa mémoire.

Alexandra peut faire certains gestes que mon handicap m’empêche de réaliser. De mon côté, je l’aide à se souvenir des choses qu’elle oublie.

Nous nous complétons avec nos capacités et nos difficultés. Chacun apporte quelque chose à l’autre.

Cette entraide ne remplace pas l’accompagnement dont nous avons besoin, mais elle tient une place importante dans notre vie à deux. Nous avons tous les deux besoin d’aide, et nous pouvons aussi nous aider mutuellement.

Apprendre à moins vouloir tout gérer

Pendant une période, je me mettais beaucoup de pression pour Alexandra. Je lui répétais souvent les mêmes choses, et cela finissait par me fatiguer énormément.

Des discussions avec mes parents m’ont aidé à prendre du recul. J’ai compris que je ne pouvais pas tout prendre en charge et que les intervenantes avaient aussi leur rôle.

Être sa mémoire ne veut pas dire que je dois tout décider ou tout surveiller. En répétant moins et en lui laissant davantage de place, je me suis rendu compte qu’elle était plus autonome que je le pensais.

Je cherche encore cet équilibre : être présent pour elle, tenir compte de ses difficultés et lui laisser la possibilité de faire les choses par elle-même.

L’aide à domicile dans notre vie de couple

Les intervenantes occupent une place importante dans notre quotidien. Leur présence nous permet d’être accompagnés dans les gestes et les activités pour lesquels nous avons besoin d’assistance.

Mais nous avons aussi besoin de moments à deux.

Pouvoir rester seuls un moment, discuter ou simplement profiter de la présence de l’autre compte beaucoup pour moi. Notre logement est notre lieu de vie, avec nos habitudes et notre intimité.

Construire des souvenirs ensemble

Nous faisons des sorties, nous voyons notre famille et nous partageons des moments à la maison.

Nous sommes notamment allés à Pairi Daiza avec mon père. La journée s’est bien passée et elle fait partie des bons souvenirs que nous construisons ensemble.

Il y a aussi les petites choses du quotidien. Un repas, une discussion ou un moment tranquille peuvent faire du bien, sans qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire.

Continuer à avancer à deux

Vivre ensemble avec deux handicaps différents demande des ajustements. Certaines journées sont plus simples que d’autres. Il faut composer avec nos besoins, l’accompagnement et les difficultés de chacun.

J’apprends à mieux reconnaître les capacités d’Alexandra et à moins vouloir tout gérer. Nous continuons à trouver notre équilibre au fil du temps.

Elle est mes bras, je suis sa mémoire. Et ensemble, nous construisons notre vie.

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