Bipolarité : quand mes projets devenaient démesurés
Il y a des périodes où mes envies prennent beaucoup de place. Je ne veux plus simplement découvrir quelque chose ou essayer une activité. Je veux aller jusqu’au bout, et même un peu plus loin.
Dans ces moments-là, j’ai voulu devenir le meilleur écrivain, connaître toute l’histoire de France et devenir youtubeur pour gagner beaucoup d’argent.
Écrire, apprendre et faire des vidéos : pourquoi pas. Mais mon cerveau avait visiblement décidé de viser directement la célébrité, l’encyclopédie et la fortune.
Devenir le meilleur écrivain
J’aime écrire. J’aime raconter ma vie, partager mes pensées et mettre de l’humour dans mes textes.
Mais à un moment, cette envie est devenue une ambition beaucoup plus grande : je voulais devenir le meilleur écrivain.
Pas simplement écrire un texte qui me plaît ou progresser tranquillement. Le meilleur.
Avec le recul, je peux sourire de cette ambition. Victor Hugo avait quand même pris un peu d’avance.
L’envie d’écrire était réelle. Ce qui était démesuré, c’était l’objectif que je lui donnais. Une activité que j’aime devenait un domaine dans lequel je voulais atteindre le sommet.
Connaître toute l’histoire de France
J’ai aussi voulu connaître toute l’histoire de France.
Le mot « toute » est important. Je ne voulais pas seulement découvrir une époque ou mieux comprendre un événement. Je voulais tout savoir.
Les rois, les guerres, les révolutions, les changements de régime… Le programme était assez chargé. Même les personnes qui ont vécu ces événements n’étaient pas au courant de tout.
Je pouvais pourtant apprendre à mon rythme. Mais dans ces périodes, une simple curiosité prenait directement la taille d’une encyclopédie.
Devenir youtubeur et gagner beaucoup d’argent
J’ai également voulu devenir youtubeur pour gagner beaucoup d’argent.
L’idée de créer des vidéos me plaisait, mais mon ambition allait bien au-delà du plaisir de partager quelque chose. Je pensais aussi aux revenus que cela pourrait m’apporter.
Dans ma tête, le projet avait déjà pris une grande dimension. Il ne restait presque plus qu’à prévenir YouTube de mon arrivée et à choisir où ranger la fortune.
Avec le recul, je vois que vouloir faire des vidéos et en tirer un revenu peut être un projet. Mais gagner beaucoup d’argent était devenu un objectif immense, alors que le résultat restait incertain.
Des projets que je relie à ma bipolarité
Aujourd’hui, je relie ces ambitions démesurées à certaines périodes de ma bipolarité.
Sur le moment, ces projets étaient sérieux pour moi. Avec du recul, je distingue mieux l’envie de faire quelque chose de l’ambition immense que je lui donnais.
Les sujets de départ n’avaient rien d’absurde. Écrire, apprendre l’histoire ou créer des vidéos sont des envies que je peux garder. Mais vouloir être le meilleur, tout connaître ou gagner beaucoup d’argent met une pression importante sur ces activités.
Je raconte cela avec humour, parce que c’est ma façon de parler de mon vécu. Pourtant, quand ces idées occupent beaucoup de place, ce n’est pas seulement une anecdote amusante.
Garder mes envies, revoir mes objectifs
Aujourd’hui, je me sens mieux depuis l’ajustement de mon traitement. Je peux regarder ces projets avec davantage de recul.
Je n’ai pas besoin de devenir le meilleur écrivain pour prendre plaisir à écrire. Un texte dans lequel je reconnais mes idées et ma façon de parler a déjà de la valeur pour moi.
Je peux m’intéresser à l’histoire de France sans devoir tout connaître. Et je peux envisager des vidéos sans compter d’avance sur une fortune.
J’ai envie de garder ma curiosité et mes projets, avec des objectifs plus réalistes.
Pour le moment, Victor Hugo peut donc rester tranquille, les historiens garder leur poste et YouTube conserver sa trésorerie. Moi, j’ai déjà quelques chapitres à raconter sur ma propre vie.
