Tech & AI Journal 2 novembre 2026
Global Edition

De l’école au doctorat : mon parcours avec une paralysie cérébrale

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Aujourd’hui, je suis ingénieur d’études en informatique au CNRS et titulaire d’un doctorat en informatique. Mais avant d’en arriver là, il a fallu trouver ma place à l’école, des moyens de travailler adaptés et des personnes prêtes à chercher des solutions.

Mon parcours a commencé à trois ans. Il n’a pas toujours été simple, mais ma famille, mes amis et des enseignants m’ont accompagné tout au long du chemin.

Et, malgré mon handicap, je savais aussi faire des bêtises. Il fallait bien participer à toutes les activités scolaires.

Des débuts difficiles dans l’école publique

Ma première expérience à l’école publique n’a pas été aussi accueillante que mes parents l’espéraient.

Les instituteurs étaient mal préparés à accueillir un enfant handicapé. Les difficultés de prise en charge ont créé des obstacles à ma scolarisation.

Mes parents ont alors décidé de me changer d’école. Ils ont cherché un établissement où je pourrais apprendre avec l’accompagnement dont j’avais besoin.

À trois ans, j’avais surtout besoin qu’on me laisse une place et la possibilité d’apprendre.

Une nouvelle école et une vraie place parmi les autres

J’ai ensuite rejoint un établissement privé catholique. Dans cette école, les enseignants se sont mobilisés pour permettre ma scolarisation.

Un système de roulement a été organisé avec mes camarades pour m’aider. Des solutions se sont mises en place, et j’ai pu participer à la vie de la classe.

J’étais un élève parmi les autres. Cela voulait aussi dire faire parfois des bêtises, comme mes camarades. Pour l’inclusion, je tenais à être irréprochable… même dans les domaines où il aurait mieux valu l’être un peu moins.

Ces moments faisaient aussi partie de ma vie d’enfant. Ma scolarité ne se résumait pas au handicap et aux adaptations.

L’ordinateur dès le CP

Dès le CP, j’ai travaillé avec un ordinateur. Il a pris très tôt une place dans ma scolarité pour compenser mes difficultés motrices.

Des interrogations adaptées ont également été mises en place. Il fallait trouver comment me permettre de montrer mes connaissances malgré les difficultés pour écrire ou parler.

Le moyen de donner une réponse peut changer. Ce que l’élève a compris doit rester au centre.

À chaque étape, il fallait réfléchir aux outils et à l’organisation qui me permettraient de continuer à apprendre.

Au collège et au lycée, de nouvelles adaptations

Au collège, j’ai bénéficié d’heures supplémentaires pour m’accompagner dans ma scolarité.

Au lycée, des auxiliaires de vie scolaire, les AVS, m’ont aidé, notamment pour la prise de notes. Cet accompagnement était important pour suivre les cours.

Tout ne fonctionnait pas facilement pour autant. Une méthode de travail avec un surveillant m’a notamment posé des difficultés au lycée. La présence d’une personne ne suffisait donc pas : il fallait aussi que la manière de travailler soit adaptée.

Ce parcours s’est construit avec des ajustements. Certaines solutions aidaient, d’autres devaient être revues.

Ma famille et mes amis, des soutiens essentiels

Ma famille a joué un rôle important tout au long de mes études. Mes amis aussi, notamment en me prêtant leurs cours.

Les documents informatisés facilitaient mon accès aux enseignements. Derrière la possibilité de réviser, il y avait donc des outils, mais aussi des personnes qui partageaient leurs notes et donnaient de leur temps.

Ma grand-mère m’a même accompagné lors de mes partiels. Les études ont parfois été une affaire de famille, jusque dans les examens.

Mon diplôme est personnel, mais je sais tout ce que je dois aux personnes qui m’ont soutenu.

Continuer malgré les refus et les doutes

Certains professionnels ont exprimé des doutes ou des refus au cours de mon parcours.

Cela montre combien le regard porté sur un enfant handicapé peut compter. Avant même de pouvoir montrer ses capacités, il peut devoir surmonter les limites que d’autres imaginent pour lui.

J’ai poursuivi mes études avec ma détermination et le soutien de mon entourage. Progressivement, je suis allé jusqu’au doctorat en informatique, avec un travail consacré aux aides à la communication et au projet ComMob.

Un sujet qui me concerne directement : lorsque parler est difficile, disposer d’un outil pour communiquer peut changer beaucoup de choses dans la vie quotidienne.

Du doctorat à mon travail dans la recherche

Aujourd’hui, je travaille au CNRS, au LAMIH, à Valenciennes. Je participe à des projets autour de la communication et de l’accessibilité, et j’accompagne à mon tour des doctorants et une postdoctorante.

L’informatique, présente dès mon CP comme outil de travail, est devenue mon métier.

Je continue à apprendre, à chercher et à me poser des questions. Le doctorat ne donne malheureusement pas accès à un bouton « toutes les réponses ». J’aurais pourtant bien aimé trouver cette option.

Donner à chacun les moyens d’apprendre

Je suis fier de mon parcours. Je suis aussi reconnaissant envers ma famille, mes amis et les enseignants qui ont cherché des solutions avec moi.

Mon histoire montre l’importance d’un accueil adapté, des outils accessibles et de la confiance accordée à un élève.

Tout le monde ne souhaite pas faire un doctorat, et chacun doit pouvoir choisir sa voie. Ce qui compte, c’est d’avoir la possibilité d’essayer et de développer ses capacités.

Mon fauteuil ne disait pas jusqu’où je pouvais aller dans mes études. Pour le découvrir, il fallait me laisser apprendre.

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