Une nouvelle intervenante, des horaires différents ou une organisation à revoir : les changements peuvent prendre beaucoup de place dans ma tête.
J’ai déjà parlé de ma bipolarité et de mes angoisses. Aujourd’hui, je voudrais expliquer mon besoin de repères. Je raconte ici mon expérience personnelle : je ne peux pas toujours séparer ce qui vient de ma bipolarité, de mes inquiétudes ou des contraintes liées à mon handicap.
Ce que je sais, c’est que m’adapter à une nouvelle situation me demande parfois du temps.
Mes habitudes me rassurent
Avec ma paralysie cérébrale, beaucoup de gestes du quotidien nécessitent une aide humaine. Il faut organiser les interventions, les repas, les déplacements et le travail.
Quand je connais les personnes et les horaires, je sais comment ma journée va se dérouler. Cela me permet de penser à autre chose.
Une habitude peut sembler peu importante vue de l’extérieur. Pour moi, elle peut représenter un repère précieux au milieu d’une organisation déjà bien remplie.
Mon planning ressemble parfois à un petit travail de logistique. Il manque seulement les camions et les gilets fluorescents.
Une nouvelle intervenante, beaucoup de questions
L’arrivée d’une nouvelle intervenante peut m’angoisser. Je ne connais pas encore sa façon de travailler, et elle ne connaît pas mes besoins.
Il faut expliquer les gestes, les habitudes et la manière de communiquer avec moi. Pour des moments personnels comme la toilette ou l’aide aux repas, la confiance a une grande importance.
Mes inquiétudes ne sont pas un jugement sur cette personne. Elles viennent aussi du fait de devoir confier une partie de mon quotidien à quelqu’un que je découvre.
La confiance se construit au fil des échanges et des interventions.
Même un changement positif demande une adaptation
Un changement peut être nécessaire et bien se passer, tout en me demandant un effort.
Quand j’ai changé d’association d’aide à domicile, il a fallu découvrir de nouvelles personnes et de nouvelles habitudes. La transition s’est bien passée, mais j’ai quand même dû trouver mes repères.
Cela m’a rappelé qu’une nouvelle organisation peut devenir familière. Simplement, je ne peux pas exiger de moi-même d’être à l’aise dès le premier jour.
J’aimerais parfois pouvoir installer une mise à jour dans ma tête et lire : « Adaptation terminée. Vous pouvez reprendre votre journée. » Pour le moment, le téléchargement prend un peu de temps.
Expliquer ce qui me pose problème
Quand un changement m’inquiète, je souhaite pouvoir en parler sans que cela soit considéré comme un caprice.
Je peux comprendre les contraintes d’une association ou les imprévus d’un planning. De mon côté, j’ai aussi besoin que l’on entende ce que ces modifications représentent pour moi.
Être prévenu à l’avance, savoir qui va venir et pouvoir poser mes questions peut m’aider à préparer la suite. Pour une nouvelle intervenante, un accompagnement par une personne qui connaît déjà mes habitudes peut également me rassurer.
Ce sont des choses concrètes, qui rendent la situation moins inconnue.
Ma famille commence à mieux comprendre
Ma famille commence à mieux comprendre ma bipolarité. C’est important pour moi de sentir que nous pouvons avancer dans cette compréhension.
Je dois aussi essayer d’expliquer mes besoins aussi clairement que possible : ce qui m’inquiète, ce que je ne comprends pas encore et ce qui pourrait me rassurer.
Je ne demande pas que tout le monde devine ce qui se passe dans ma tête. Même moi, je n’ai pas toujours un mode d’emploi très précis.
Pouvoir en discuter me donne déjà une place pour exprimer mes difficultés.
Garder quelques repères pendant la transition
Je ne pourrai jamais prévoir tous les changements. Mon objectif est de trouver comment les traverser plus sereinement.
Conserver certaines habitudes, avoir des informations claires et découvrir progressivement une nouvelle organisation sont des pistes qui me correspondent.
J’ai aussi envie de continuer à faire des sorties, à travailler sur mes projets et à découvrir de nouvelles choses. Mon besoin de repères doit pouvoir trouver sa place dans cette vie-là.
Avancer à mon rythme
Je peux être inquiet au début, puis me sentir plus à l’aise une fois la situation devenue familière. Cette première inquiétude ne dit donc pas tout de ma capacité à m’adapter.
J’apprends à reconnaître ce dont j’ai besoin et à le dire. Les personnes autour de moi peuvent m’accompagner, tandis que je prends progressivement confiance.
Quand quelque chose change, j’ai besoin d’un peu de temps pour retrouver mes repères. Ce temps fait partie de mon adaptation.